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| Chiwetel Ejiofor |
Pour le premier article de ce blog, et en ce lendemain de cérémonie des Oscars, j’ai décidé de parler de Twelve Years a Slave de Steve
McQueen, qui est devenu en très peu de temps une référence sur l’esclavage. Ce
thème avait été ramené par Tarantino avec son génial Django Unchained, mais
Twelve Years a Slave va a delà de ce dernier à travers sa dimension historique, mais
également dramatique (Tarantino ne se servant de l’esclavage que comme toile de
fond de son histoire, qu’il se réapproprie.). Ici Steve McQueen livre une
peinture tragique du destin de Solomon Northup, interprété par Chiwetel Ejiofor,
né libre, enlevé et réduit en esclavage.
En sortant de la salle de cinéma, la larme à l’œil, j’ai trouvé les trois raisons qui ont rendu ce film époustouflant à mes yeux. Tout
d’abord les prestations : McQueen organise un film chorale où chaque
personnage, chaque acteur trouve sa place sans empiéter sur la prestation de
l’autre. Mention spéciale à Nupita Nyong’o, troublante par sa fragilité, qui
maîtrise totalement son rôle. Ensuite les images : ce qui me séduit dans
le cinéma de McQueen, ce sont les plans fixes, les temps calmes, permettant au
spectateur de mesurer la densité de la scène, de l’ambiance. Ici on retrouve
ces instants, plus rares certes, mais qui rappellent au style du réalisateur,
dont le film est magistralement teinté. Et enfin, la nature contemplative de
ces images : tout au long du film j’ai eu la sensation d’être à la fois au
centre de l’action, et complètement extérieur à celle ci, comme si je me détachais de la scène, non pas par le point de vue, mais par l’aspect
global, qui se rapprochait alors du documentaire.
Ce sont donc, à mon sens, les
prestations des acteurs, le style de mise en scène et ce détachement de l’image
qui cristallisent la puissance dramatique de ce film, qui est à voir absolument.

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